Réduire le temps de travail, c'est possible

La question de la réduction du temps de travail doit pouvoir être débattue sans tabou pour faire évoluer notre société. L’objectif poursuivi est clairement d’améliorer la qualité de l’emploi et le bien-être au travail et surtout de partager le temps de travail pour créer plus d'emplois, et par ailleurs de retrouver du temps pour soi et sa famille.

Depuis toujours, historiquement, le temps de travail a évolué à la baisse. Aujourd’hui, la question se pose de savoir comment mettre en œuvre une réduction du temps de travail. Une manière de faire avancer positivement le débat est de mener des expériences.

En Suède, et plus particulièrement à Göteborg où je me suis rendue ces derniers jours, le choix a été fait d'expérimenter la réduction du temps de travail au quotidien – soit 6 heures par jour au lieu de 8 heures – dans une des maisons de repos gérées par le Ville de Göteborg. J’ai pu m’entretenir avec la Directrice de la maison de repos et avec la Maire de Göteborg, Lena Malm, à propos des résultats de l’expérimentation.

Les conclusions sont extrêmement positives au plan humain pour les travailleurs, pour leur famille mais également pour les résidents de la maison de repos. Les salaires ont été maintenus à leur niveau et il a été procédé à une embauche compensatoire. Pour le personnel, ce temps libéré a permis une meilleure conciliation entre la vie professionnelle et la vie familiale. Le personnel soignant s’est montré plus productif, plus motivé et en meilleure santé, et une diminution de l’absentéisme a été observée.

J’ai choisi de lancer une expérience similaire à l’IFAPME. J'inscrirai cette volonté dans le cadre du nouveau contrat de gestion à conclure l'an prochain, tout en veillant au respect de ses missions. Concrètement, pour en déterminer les modalités, le projet fera l’objet d’une négociation avec le Comité de gestion de l’IFAPME, tout en associant la direction et les travailleurs via l'instance de concertation de base (CCB). L'IFAPME compte environ 350 travailleurs, une taille d'échantillon suffisamment conséquente pour que l'expérience soit pertinente. Des engagements supplémentaires seraient prévus pour supporter la mesure, l'amélioration du service rendu aux citoyens doit rester une priorité. Un accompagnement pour aider l'IFAPME à absorber ce changement organisationnel sera également mis en œuvre. 

Il s’agira donc de trouver ensemble le chemin afin que l’Institut continue à améliorer son service aux citoyens, aux apprenants et aux entreprises.

Le déploiement de cette politique aura certes un coût brut dans un premier temps. Je suis consciente que cette expérience prendra de l'énergie, du temps et sera source de questionnements. Mais si nous souhaitons, et je le souhaite, progresser et organiser une véritable politique de réduction collective du temps de travail #4J en Wallonie, nous devons nous inscrire comme pionniers en faveur d'une action liée au bien-être et à l'emploi.