Les chiffres du chômage expliqués

Récemment une publication de l’IWEPS a fait grand bruit dans la presse.

Selon cette étude, depuis 23 ans, le chômage n'a presque jamais baissé en Wallonie et a augmenté à Bruxelles, alors qu'il a été divisé par deux en Flandre.

L’IWEPS a décidé d’étudier la période comprise entre 1983 et 2015.On constate ainsi que c’est entre 1983 et 1989 que l’écart en matière de taux de chômage se creuse entre la Flandre et la Wallonie, soit avant la régionalisation des services publics de l’emploi de 1989.

Je souhaite ici d'abord nuancer ce propos. Je tiens ensuite à rappeler que différentes sources permettent de mesurer le chômage.

Pour mesurer le taux de chômage, le FOREM se base sur des données administratives. Celles-ci permettent de calculer un taux de chômage jusqu’à un niveau de détail fin (par commune, genre, tranche d’âge, etc.). Les données utilisées sont en outre exhaustives et ne présentent donc pas les biais de sélection d’un sondage comme c’est le cas des données traitées par l’IWEPS au départ des enquêtes sur les forces de travail (EFT).

Et que disent les chiffres du Forem ?

 Fin octobre 2016, le taux de chômage administratif est en Wallonie de 14,7%. Dix ans auparavant, en octobre 2006, il était de 18,4%, soit une diminution de 3,7%. Cette diminution, observée en Flandre sur la même période, est de 0,2% puisque le taux de chômage administratif est passé de 7,5% à 7,2%.

Ainsi, à la fin octobre 2016, la Wallonie dénombre 232.154 demandeurs d’emploi inoccupés (DEI) contre 220.920 en Flandre et 98.014 à Bruxelles. En termes d’évolution, le nombre de DEI a diminué dans les trois régions du pays. L’ampleur de ce recul varie toutefois d’une région à l’autre. Par rapport à 2014, l’année 2015 a vu le nombre de DEI diminuer de 4,6% en Wallonie contre 6,5% à Bruxelles et 0,2% en Flandre.

Avec un peu plus de recul et comparativement à 2008, les écarts sont encore plus marqués. La Wallonie est ainsi la seule région du pays où le niveau de la demande d’emploi est revenu à la situation observée en 2008, soit avant le début de la crise. A Bruxelles, les DEI sont 12%, et en Flandre, 38% plus nombreux qu’en 2008.