Des formations de Web développeuse-eur chez Interface 3

Madame la Directrice,
Mesdames, Messieurs, en vos Titres et Qualités,
Cher(e)s vous toutes et tous,

C’est un immense plaisir de vous retrouver ce 7 mars, veille de la Journée des Droits des Femmes, réelle opportunité en général pour dresser le bilan des progrès réalisés et pour appeler à des perspectives d’évolution.

En tant que progressiste, en tant que Ministre, porteuse d’une dynamique d’égalité des chances et des droits sur le marché du travail, mais aussi en tant que femme et citoyenne, je suis donc heureuse d’être le témoin d’une association namuroise qui offre une belle promotion aux opportunités qui naissent de l’évolution du numérique, sans oublier que ces opportunités n’ont du sens que si l’ensemble de la population peut y goûter. Inciter plus particulièrement les femmes à s’investir dans des métiers d’avenir et promouvoir ainsi plus de mixité dans les métiers informatiques reste un bel engagement.

Je veux donc remercier Madame Forment, Directrice de l’asbl Interface 3, mais aussi toutes celles et tous ceux qui ont rendu possible ce moment précieux d’échanges. Interface 3 s’attèle à rappeler les opportunités d’emploi liées aux métiers informatiques et à tendre vers plus de mixité dans le secteur des Technologies de l’Information et de la Communication, secteur où les femmes sont encore sous-représentées.

Le message des acteurs en présence aujourd’hui, c’est : « Ouvrons le champ des possibles, sur le plan professionnel, aux hommes comme aux femmes. Être une femme et mener une carrière informatique, c’est réaliste ! »

En termes d’avancées en Wallonie, dans la continuité du Plan global Egalité que j’ai initié sous la précédente législature, le Gouvernement wallon a approuvé en mars 2016 le 1er rapport de mise en œuvre du Plan de Gender Mainstreaming.
Ce rapport porte sur l’engagement de chacun des Ministres à intégrer la dimension de genre dans au moins deux politiques. Pour ma part, j’ai souhaité mettre en exergue deux mesures liées à l’emploi et à la formation.
La première vise à améliorer la qualité de l’emploi dans le domaine des titres-services, via la formation et la seconde mesure vise l’insertion des femmes et des hommes dans les métiers porteurs d’avenir professionnel.  Il s’agit d’intégrer la dimension de genre dans l’offre de formation et la communication afférente à cette offre.  

Pour rappel, les secteurs de formation de la filière-bois, de la mobilité, du métal et des technologies, ainsi que de la construction montrent clairement une sous-représentation des femmes avec en moyenne seulement 2 % de femmes dans ces secteurs de formation. A contrario, le secteur de la formation dans les  soins aux personnes présente une sous-représentation des hommes (11%). 

Or, beaucoup de ces formations donnent accès à des métiers identifiés comme « porteurs », des métiers liés au développement durable, des métiers impactés par le numérique, ou encore en lien avec la reprise économique.

Si on jette un œil sur la liste de fonctions critiques 2015, on constate l’existence de 73 métiers présentant des difficultés de recrutement. Parmi ceux-ci, nombreux sont ceux qui relèvent de la sphère technique et scientifique. J’en cite quelques-uns : ingénieur de production ; responsable qualité ; responsable, ingénieur de sécurité et d'hygiène ; cadre-ingénieur technico-commercial ; ingénieur d'affaires ; géomètre ; chef(fe) de chantier ; infirmier(ère) en soins spécialisés ; chef(fe) de service paramédical ; médecin généraliste ; gestionnaire d'exploitation informatique ; développeur(se) informatique ; Web développeur(se)…

Il s’agit donc d’encourager un équilibre de genres, tout particulièrement vers des métiers porteurs. C’est le métier même de votre asbl « Interface 3 » et je me réjouis que vous vous inscriviez dans cette dynamique qui porte ses fruits, puisque pour la formation de Web dévelopeuses – eur, on comptabilise 12 stagiaires demandeurs d’emploi dont 8 femmes !
Soutenir des projets qui attirent les jeunes femmes et les jeunes hommes vers des métiers porteurs, c’est aussi le cœur de mon action politique ; raison pour laquelle j’ai soutenu votre formation de Web développeuses - eur à concurrence de plus de 40.000 euros pour une année.

Plus généralement et en lien avec les OIP dont j’ai la tutelle, l’offre de formation du Forem et de l’IFAPME est bien entendu ouverte autant aux hommes qu’aux femmes.

Favoriser l’insertion des femmes et des hommes dans les métiers porteurs, c’est donc le travail que je développe en prenant diverses mesures. 

J’en citerai quatre.

1. D’abord, une communication ciblée et ses outils, ainsi que la formation optimale des professionnels du FOREm et de l’IFAPME qui ont un rôle prépondérant à jouer en la matière ; la déconstruction des stéréotypes étant fondamentale. 

2. Ensuite, l’orientation, essentielle pour ouvrir le champ des possibles aux femmes comme aux hommes.  J’ai ainsi formalisé, en concertation avec mes collègues de l’enseignement, la mise en place d’un dispositif unique et multipartenarial d’orientation tout au long de la vie, articulé sur le développement des trois Cités des Métiers de Namur, Charleroi et Liège.

3. La 3ème mesure que je souhaite évoquer vise dès lors à mettre l’accent sur la sensibilisation à l’esprit d’entreprendre et le soutien à l’autocréation d’emplois, qui font partie  des priorités de mon département. 
Dans ce domaine, nous pouvons être particulièrement fiers des résultats engrangés par les Structures d’Accompagnement à l’Autocréation d’emploi (SAACE) dont la fréquentation féminine dépasse, depuis plusieurs années, les 50%.

4. C’est pourquoi, pour une meilleure conciliation entre la vie privée et la vie professionnelle, j’ai souhaité pérenniser et amplifier encore le soutien, via des aides à l’emploi dédicacées au secteur de l’enfance, à l’ouverture de places d’accueil.  Depuis le lancement du Plan Marshall, grâce aux aides à l’emploi APE et PTP, ce sont plus de 1500 emplois qui ont été créés dans l’accueil de l’enfance pour plus de 6000 places d’accueil crées. La réforme entamée poursuivra ces efforts avec plus encore de simplicité.

Pour conclure, j’ai surtout envie de mettre en lumière, par un immense BRAVO, toutes ces femmes et tous ces hommes qui, nonobstant préjugés et obstacles, choisissent la voie du métier auquel ils aspirent, tout simplement parce qu’ils ont décidé un jour de mettre leurs compétences en valeur, d’exercer le métier porteur d’avenir qui les passionne, et de démontrer ainsi que catégoriser un métier en fonction du genre est une aberration au XXIème siècle.

Bonne continuation, plein succès aux stagiaires femmes et hommes et longue vie à cette asbl namuroise!

 

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